Apple MacBook Pro 16 pouces 2021 M1 Max : le test complet – 01net.com – 01net.com

Test du Honor MagicBook Pro : un grand PC portable 16,1 pouces dont le prix n’est qu’un des atouts

Lundi 18 octobre dernier, Apple a, l’air de rien, annoncé bien plus que deux nouveaux MacBook Pro. Certes, il a présenté deux PC portables redesignés et non pas modernisés – le design est presque un peu rétro – et d’une certaine manière libérés de l’héritage présumé de Jonathan Ive.
Comment expliquer autrement que ces machines s’agrandissent, prennent du poids, s’épaississent ? Tout cela se fait d’ailleurs au service de l’utilisateur. Le design toujours soigné, plutôt séduisant, poids lourd de l’argumentaire d’Apple, sert la fonction, montre la volonté de produire le Mac portable le plus pro possible.
D’une certaine manière, il se débarrasse de certains fantasmes, de certains crédos, pour se couler dans une réalité qu’il semble davantage prendre en compte, accompagner. 
Ainsi, la connectique s’enrichit enfin, le clavier Magic Keyboard continue de s’éloigner de la recherche de la finesse à tout prix. Il s’oriente vers une durabilité et un confort accru et essentiel. Il se débarrasse du superflu, de la Touch Bar, qui oscillait entre pratique et inutile au fil des applications, sans convaincre à coup sûr.
En ces temps de pandémie, la Webcam est enfin Full HD. Et on se dit que l’encoche est peut-être le prix à payer pour ce retournement de situation qu’on a déjà pu observer depuis deux ou trois générations sur les iPhone, quand le design n’est plus tout.
Apple a donc introduit deux nouveaux MacBook Pro, mais il a aussi, et surtout, annoncé deux nouveaux SoC. Lancement majeur s’il devait être pris séparément, qui l’est davantage parce qu’il s’intègre dans des produits.
Les M1 Pro et Max s’inscrivent dans la transition entamée officiellement l’année dernière en novembre. Ils prolongent l’effort réalisé et montre surtout le sérieux d’Apple en la matière. Ils sont là pour répondre aux Core i7 et i9, d’Intel.
Mais, en évolution totalement repensée de l’incroyable M1, ils démontrent une vérité essentielle : « Apple n’est pas un fabricant de puces, mais un constructeur de produits ». Contrairement à Intel ou même à Qualcomm, Apple ne fait pas des puces pour faire des puces, il crée des composants taillés sur mesure pour ses besoins.
Ainsi, tout autant qu’on ne peut pas dire que les M1, M1 Pro et Max sont des déclinaisons Mac de puces pour smartphones, on ne peut dire non plus que ces deux derniers SoC sont de simples mises à jour annuelles d’une plate-forme technique évolutive.
Les M1 Pro et M1 Max ont été pensés, repensés, optimisés, enrichis, retaillés pour servir une cause, un ensemble de besoins, d’impératifs, ceux auxquels les pro sont confrontés au quotidien, selon Apple.
Dès lors, la tâche est titanesque tant le terme « pro » couvre une myriade de réalités différentes. Et si, face aux promesses faites d’aller taquiner des grands noms du silicium, on peut s’interroger sur la capacité d’Apple à séduire certains pros en leur proposant des alternatives à des écosystèmes matériels et logiciels tels que CUDA, n’en reste pas moins que ces nouvelles puces taillées sur mesure mettent la barre au plus haut.
Au point d’ailleurs que le testeur se trouve parfois un peu pris au dépourvu face à certains gains d’usage. Le M1 assumait la lecture d’un flux 8k, le M1 Max s’empare de sept flux 8K, et vous propose de les monter sans broncher, sans même vraiment ventiler.
Comment suivre ? Comment mesurer dans ce cas ? Avec le plus de rigueur possible bien sûr, mais aussi de manière un peu empirique, en tentant de prendre le système en défaut, ou en observant son aisance à abattre des tests qui faisaient mettre un genou en terre au MacBook Pro il n’y a pas si longtemps.
Voici donc notre test du MacBook Pro 16 pouces 2021, équipé du M1 Max, avec ses 10 cœurs CPU, ses 32 cœurs GPU, et ses 64 Go de RAM unifiée. Un monstre, pensé pour les pros.
Le nouveau design du boîtier n’est pas tant une refonte esthétique qu’une succession de choix faits pour donner de la place aux composants, aux connecteurs. Il est ainsi un peu plus épais, un rien moins large, un peu plus profond et 100g plus lourd que le modèle 16 pouces sorti en 2019. À 2,1 kg, cela commence à se sentir dans un sac à dos, mais ainsi armé, vous avez la promesse d’avoir les performances d’une station de travail à portée de main au besoin.
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Esthétiquement, le capot supérieur, qui enclot l’écran, est plus épais. Il donne un nouvel équilibre visuel à l’ensemble. Plutôt plaisant, selon nous. La partie basse embarque un nouveau système de dispersion de la chaleur, avec des ventilateurs qui sont donnés pour expulser 50% d’air en plus tout en tournant plus lentement. Deux gros évents fendent le bas des côtés et surprennent quand on le prend en main.
Néanmoins, pour tout dire, on entend le MacBook Pro 16 pouces très rarement, et il faut le chahuter, longtemps, et avec des calculs lourds et longs, pour l’entendre sortir de sa réserve. C’est d’autant plus agréable que le dernier MacBook Pro 16 pouces que nous avons eu en main – le seul pour tout dire, et qui était sorti en novembre 2019 – était prompt à faire entendre ses ventilateurs, avec son Core i9-9980H à huit cœurs.
Au-delà de la refonte légère du design, ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est la connectique, bien plus variée et riche. On trouve ainsi trois ports Thunderbolt 4 (au format USB-C, jusqu’à 40 Gbits/s), un port HDMI (2.0, dommage pour la sortie en 120 Hz qu’aurait pu permettre le HDMI 2.1), une prise mini-jack, et, grand retour, une prise MagSafe 3 pour charger votre appareil, sans risque de le voir s’envoler quand vous vous prenez les pieds dans son câble d’alimentation. Très appréciable.
On notera au passage que si le MagSafe est là pour sécuriser le chargement de la batterie du MacBook Pro, vous pourrez continuer à utiliser un des ports Thunderbolt 4, si vous le préférez. Cela peut s’avérer pratique, notamment quand on ne veut pas s’embêter à transporter trop de câbles.
Enfin, dernier ajout, ou plutôt retour, un lecteur de carte SDXC, qui ravira les photographes, notamment, en leur permettant de vider leurs supports de stockage sans… dongle.
Parlons brièvement du clavier. Si on essuie toujours une petite larme en pensant au clavier papillon, qui souffrait malheureusement de trop de défaillances, malgré un confort de frappe incroyable, il est clair que le Magic Keyboard est désormais là pour durer, dans tous les sens du terme. Apple semble avoir trouvé la bonne formule entre confort de frappe et résistance au temps qui passe, avec une course ferme, mais souple, courte, mais pas dure ni bruyante.
Mieux, cette année, les touches, toujours noires, sont désormais en aluminium, elles aussi, et devraient donc être très résistantes à vos usages divers et variés. Évitez tout de même le burin. Évidemment, le rétroéclairage est toujours de la partie, comment autrement ?
On note également une grosse différence, la Touch Bar, qui n’arrivait pas à satisfaire tout le monde et tous les usages, prend sa retraite. Apple a décidé d’arrêter de se mentir. Cette petite bande OLED qui affichait des touches contextuelles est remplacée par des touches de fonction aussi hautes que les autres touches.
On retrouve les réglages multimédia, de luminosité ou du son, ou encore le raccourcis Ne pas déranger, par exemple. À gauche, une grosse touche Esc fera plaisir aux développeurs, ou à tous ceux qui doivent annuler des menus régulièrement.
À droite, le bouton Touch ID est toujours là et intégré dans le bouton Marche/Arrêt. Sa forme a toutefois été revue. Désormais, au centre de la touche, un petit cercle permet non seulement d’identifier le bon bouton sans baisser les yeux, mais aussi de toujours bien positionner son doigt pour déverrouiller sa session ou valider un mot de passe.
Touch ID sur Mac fonctionne toujours aussi bien et vite, c’est un plaisir. On déverrouille sa session en un clin d’œil, on valide un achat en toute sécurité et on s’évite de saisir encore et encore son mot de passe. Parfait ! Même si on ne peut s’empêcher de se demander ce que donnerait Face ID sur ces MacBook Pro. Et justement, profitons de cette transition pour aborder la suite.
En novembre 2019, Apple introduisait son premier (et seul) MacBook Pro 16 pouces. Cette année, les équipes de Tm Cook remettent le couvert, mais avec une dalle qui a beaucoup de choses à raconter, si son encoche la laisse parler.
La diagonale d’écran du MacBook Pro 2021 est de 16,2 pouces. Ce léger gain en surface d’affichage est obtenu grâce à des bordures plus fines. Les esprits pointilleux feront remarquer que la dalle n’est pas aussi bord à bord que sur certains PC, notamment les XPS, de Dell. Des esprits encore plus soucieux du détail signaleront que non seulement les bordures du MacBook Pro sont plus épaisses, mais qu’elles s’accompagnent d’une sorte de protubérance bizarre : une encoche, en plein milieu de la bordure supérieure de l’écran. Oui, comme sur iPhone, et oui, pour la même raison.
C’est en effet là qu’Apple a glissé sa Webcam Full HD (et non plus seulement 720p), la petite LED qui témoigne de l’activation de la Webcam, le capteur True Tone de la dalle, ainsi que le capteur de luminosité qui fait varier l’intensité du rétroéclairage de l’écran et du clavier. Côté Webcam, on signalera en passant que la qualité est en nette progression : même le bruit numérique autrefois gênant en basse lumière est très maîtrisé, bien qu’encore présent. En pleine lumière, en revanche, l’exposition est bien meilleure, l’image plus détaillée, les couleurs plus justes. Amateurs (forcés ou non) de visioconférence, vous allez enfin pouvoir vous présenter sous votre meilleur jour – dommage toutefois que la fonction Center Stage ne soit pas de la partie.
Revenons à l’encoche. On a vu ces derniers mois ou semaines des concurrents d’Apple réussir à glisser des Webcam dans des bordures d’écran pourtant fines. Autant dire qu’on ne sait pas trop comment expliquer ce petit dérapage.
La question est donc de savoir si cette encoche est gênante au quotidien. La majeure partie du temps, on n’y pense en fait pas tellement. Elle occupe le haut de l’écran et coupe, au pire des cas, la barre de menus en deux. Une fois passé l’amusement de voir disparaître la souris d’un côté pour réapparaître de l’autre, on constatera que, quand on affiche des applications en plein écran, l’encoche est noyée, car macOS passe au noir la petite bande d’écran de chacun de ses côtés. Quand on veut afficher les menus de l’application en question, l’interface globale du programme ne descend pas, la barre des menus s’affiche au niveau de l’encoche. Si trop d’entrées sont proposées par l’appli, elles se répartiront des deux côtés. C’est le cas de programmes comme Photoshop, par exemple.
Il faudra donc prendre l’habitude d’aller chercher les menus de l’autre côté de l’encoche. Voilà pourquoi Apple encourage les développeurs à laisser la main à macOS et à réduire quand c’est possible le nombre de menus accessibles en premier niveau.
Toutefois, ce « problème », qui ne nous a pas vraiment gênés au cours de notre utilisation, ne nuit pas à la surface d’affichage offerte. En effet, si on considère l’écran situé en dessous de la bande tracée dans le prolongement de l’encoche, on obtient une dalle de 16 pouces. Il ne reste donc plus qu’à espérer que cette protubérance disparaîtra bientôt ou gagnera en raison d’être en intégrant une caméra Face ID. 
Mais le gros de cet écran n’est pas dans cette encoche, n’en déplaise à Twitter. Il tient dans sa dalle de 7,7 millions de pixels, répartis dans une définition de 3456×2234 pixels. Car le MacBook Pro a droit à une dalle LCD rétroéclairée par mini-LED, comme sur les iPad Pro 12,9 pouces, par exemple. Comme pour la tablette d’Apple, la promesse est belle : offrir une luminosité renforcée et des contrastes censés rivaliser avec ceux de l’OLED.
Dans les faits, les 10 216 mini-LED, réparties en 2 554 zones de rétroéclairage sur cette dalle de 16,2 pouces, offre effectivement un vrai gain en luminosité, notamment par rapport à la dalle qui équipait le MacBook Pro 16 pouces sorti en 2019. Ainsi, si la luminosité de base est proche de celle du modèle précédent, à 490 cd/m2, les pics de luminosité enregistrés montent à 1 511 cd/m2 pour les contenus HDR. On est presque dans les clous de la promesse d’Apple : 1 600 cd/m2. À noter que le MacBook Pro permet de définir si vous voulez bénéficier de ce pic le plus élevé ou préférez une luminosité plafond moindre.
Par ailleurs, le taux de contraste, sans atteindre le 1 000 000:1 de l’OLED, affiche un très honnête 49040:1, bien mieux que les 1412:1 du modèles de 2019, qui ne déméritait pourtant pas. D’ailleurs, notre base de test nous révèle que ce MacBook Pro 16 pouces 2021 n’est pas moins de 3 284% plus contrasté que la moyenne des PC portables testés par nos soins au cours des 24 derniers mois… Voilà qui dit un peu de la qualité de cette dalle.
À l’œil, on constate que les noirs sont plus profonds, les contrastes plus marqués et les couleurs plus nuancées. C’est un plaisir de rédiger de longs documents, de monter des vidéos, d’afficher des images ou tout simplement de surfer sur le Web, bref, de travailler sur ce Mac.
En aparté, regarder des films est aussi un vrai plaisir, d’autant plus que le système audio à six haut-parleurs fait son effet. Apple réutilise son concept de woofers qui annulent les vibrations et, de fait, on n’entend ni ne ressent de vibrations parasites quand on pousse le son, même quand les basses se font présentes.
Il y a toutefois un domaine dans lequel la dalle Liquid Retina XDR du MacBook Pro 2021 fait moins bien, c’est la fidélité colorimétrique. Le modèle 2019 affichait un indice incroyable de 0,79 – pour rappel, plus le chiffre est proche de zéro, plus les couleurs affichées sont proches de la réalité, sachant qu’aux alentours de deux et moins, l’œil humain fait difficilement la différence. Le portable pro 2021 se contente d’un 2,26. C’est moins bon, mais reste exceptionnel.
Et la fête à l’affichage ne s’arrête pas là. Outre qu’on trouve toujours la technologie TrueTone, et P3, Apple a également introduit la technologie ProMotion sur son portable professionnel haut de gamme. Ce sont d’abord les iPad Pro qui y ont eu droit, avant de la voir arriver en septembre dernier sur les iPhone 13 Pro.
Technologie LCD oblige, la variation du rafraîchissement oscille entre 24 Hz et 120 Hz, ce qui assurera de la fluidité en fonction des contenus affichés, d’un film à un jeu, par exemple ou une animation 3D. Ici, encore, machine professionnelle oblige, il est possible de désactiver cette option et de fixer un taux de rafraîchissement précis parmi des critères préétablis.
En définitive, la dalle est excellente, et l’avenir dira le sort que la vindicte populaire réserve à l’encoche, qui pourrait faire couler de l’encre, ou être bien vite oubliée. On ne prend pas de pari.
Passons maintenant au cœur de la promesse, à la configuration en elle-même. Notre MacBook Pro 16 pouces de test est le modèle haut de gamme. De base, il est équipé d’un M1 Max avec 10 cœurs et 32 cœurs GPU, et accompagné de 32 Go de mémoire vive unifiée, plus 1 To de SSD. Il est alors vendu 3849 euros.
Le modèle que nous avons eu entre les mains double cette capacité de mémoire (460 euros de plus) et également son stockage (2 To au total, pour 460 euros de plus, une fois encore). Une machine à 4 309 euros donc, un beau bébé, qui peut paraître cher, mais qui embarque en son sein une brute.
Si le M1 Max partage avec son petit frère le M1 Pro la même base CPU, la partie graphique est totalement différente. Tout comme le canal et la bande passante mémoire, qui n’offre pas moins de 400 Go/s. Des débits qu’on ne trouve que dans les cartes graphiques solides, comme la GeForce RTX 3070 (448 Go/s), mais encore faut-il bien comprendre qu’on parle ici de mémoire unifiée… Cela signifie que les données stockées en mémoire peuvent être utilisées aussi bien par le processeur « central » que par le processeur graphique, ce qui n’est pas le cas pour le GPU de Nvidia, aussi incroyable soit-il. C’est la force du SoC, et de la mémoire unifiée. Le cœur de la promesse.
Avec une telle bande passante, il est donc fort peu probable que vos applications les plus gourmandes souffrent de bus throttling. D’autant que pour les usages les plus intensifs, Apple a prévu que le GPU puisse s’approprier jusqu’à 64 Go, soit la totalité de la mémoire. Évidemment de manière contrôlée, afin de ne pas compromettre le fonctionnement du système. Voilà qui permet de charger en mémoire directe des scènes entières d’effets 3D, par exemple, et de les manipuler, modifier, afficher sans allers-retours inutiles.
Pour tout dire, Apple promet que pour certaines tâches, le MacBook Pro affiche des performances équivalentes à celle d’un Mac… Pro, équipé d’un Xeon W à 28 cœurs cadencés à 2,5 GHz, épaulés par 384 Go de RAM et deux AMD Radeon Pro 6900X, avec 32 Go de mémoire graphique et un module Afterburner ! 
Des promesses qui font rêver et laissent pantois. Nous n’avons pas eu la possibilité de tester le dernier des Mac Pro, résolument trop pro, il est donc difficile de trancher sur ce point. Néanmoins, une chose est certaine, nous avons pu faire tourner sans ralentissement sept flux 8K (soit 8192×4320 pixels, en Apple ProRes 422, à 30 images par seconde). Non seulement le MacBook Pro n’a pas hoqueté, et il n’a pas ventilé non plus. Sachant que différentes fonctions étaient appliquées en temps réel, comme le suivi d’objet dans un des plans.
Ce tour de force s’explique par le renforcement du moteur média déjà présent dans le M1. Les M1 Pro et Max embarquent un accélérateur matériel pour le décodage et l’encodage ProRes. Cela facilite donc la tâche du Mac, et donc votre vie… En définitive, cela permet dans les faits de réaliser sur un ordinateur portable ce qui requérait une station de travail bien plus coûteuse il y a encore quelques mois.
Mais revenons à quelques résultats de tests synthétiques pour mettre des chiffres sur un gain de puissance. Commençons avec Geekbench, qui a l’avantage de permettre une comparaison multi-plates-formes et sur le long terme.
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Nous comparons, en l’occurrence, trois MacBook Pro. Les deux modèles 16 pouces, celui de 2019 et celui de 2021, et le MacBook Pro 13 pouces, sorti en fin d’année dernière, qui est équipé du M1.
Plusieurs choses intéressantes sont à noter. La première est que le modèle M1 dominait déjà le MacBook Pro 16 pouces 2019, à l’exception de la partie Compute Metal, qui sollicite aussi le GPU. La carte dédiée AMD Radeon Pro 5500M (avec 4 Go de mémoire vidéo) permettait au plus grand des deux portables de faire légèrement mieux.
La deuxième est de voir, logiquement, à quel point le MacBook Pro M1 Max écrase son prédécesseur. Les résultats de tests pour la partie multicœur le donnent 87% plus performant, tandis qu’au total pour la partie Compute, il est 2,7 fois plus puissant. Certes, le MacBook Pro testé en 2019 n’était pas le plus puissant de sa génération, mais la différence est suffisamment importante pour être significative.
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Pour nous concentrer sur la partie graphique, on utilise deux outils de benchmarks synthétiques. Commençons par GFXBench Metal. Les résultats sont assez éloquents et montrent à quel point la partie graphique du SoC du M1 Max est performante.
Pour ceux qui envisageraient aussi de jouer avec cette nouvelle configuration, sachez que c’est évidemment possible. La puissance est là, comme le prouvent les 85 images par seconde obtenues dans Shadow of the Tomb Raider en 1920×1200 pixels. D’ailleurs, en résolution native, à 3456×2234 pixels, on obtient un très honnête et jouable 34 images par seconde… Le souci est plus que les jeux, dits AAA, et les titres récents, que ce soit sur Steam ou sur le Mac App Store, ne sont pas légion.
Penchons-nous maintenant sur le deuxième outil, 3Dmark Wildlife. Il n’est pas tant intéressant pour la mesure des performances graphiques que pour son « stress test », qui permet de mesurer la capacité de la puce à maintenir ses performances pendant un effort long. Ce programme n’était pas encore sorti en 2019, mais il permet d’entrapercevoir le fruit du travail des ingénieurs d’Apple en matière de rapport entre performances et consommation énergétique.
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On y constate qu’en charge, le MacBook Pro 16 pouces M1 Max garde sa consommation sous les 100 W, et qu’il assure une stabilité de ses performances d’environ 98,1%, sans mettre en route ses ventilateurs. Détail d’importance pour qui veut travailler confortablement. Détail essentiel qui permet surtout à la configuration d’assurer les mêmes efforts, qu’elle tourne sur secteur ou sur batterie. Contrairement à certains ordinateurs portables puissants, le MacBook Pro ne semblent pas devoir réduire la voilure quand il est sur batterie, pas de manière notable en tout cas, au fil des tests que nous avons réalisés.
Au cours des quelques jours passés en sa compagnie, nous ne l’avons entendu ventiler qu’une poignée de fois et toujours de manière très discrète. Il est fort probable qu’il lui faille vraiment être surchargé pendant longtemps pour se faire entendre, et le voir marquer le coup.
Mais une fois encore, ces tests synthétiques sont indicatifs. De vrais tests avec de vraies applications professionnelles sont toujours un meilleur moyen de prendre la mesure d’une configuration.
En l’occurrence, le M1 Max et la quantité de mémoire disponible sont deux arguments lourds d’impact sur les performances potentielles de la machine. De manière assez surprenante, Photoshop, désormais en application universelle, et qui est un grand consommateur de RAM devant l’éternel, gagne une poignée de secondes. Il gagne tout de même en performance dans l’application des filtres et correction colorimétrique que nous appliquons sur des clichés lourds dans le cadre de nos tests.
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Avec After Effects, qui apprécie les configurations CPU/GPU musclées, la différence est bien plus évidente. Le MacBook Pro M1 Max est presque 2,5 fois plus rapide lors de notre test de rendu que sur le MacBook Pro 2019.
Dans Final Cut Pro, l’application de différents filtres, correction de couleur et l’exportation d’un gros fichier 4K sont également 2,5 fois plus rapides. Et on pourrait continuer comme ça longtemps. Handbrake, par exemple, transcode notre fichier de référence presque 1,5 fois plus vite.
Il est évident que ce MacBook Pro est à l’aise avec les fichiers lourds, tout particulièrement les vidéos. Cette machine est taillée pour la 4K et un peu plus… Pour estimation, nous avons réalisé, avec Premiere Pro, plusieurs exports de fichiers 4K. En moyenne, il faut 33 secondes pour exporter une minute de vidéo (HEVC H.265). La machine d’Apple est donc plus que prête pour la 4K.
La 8K ne lui fait pas peur non plus :  nous avons réussi à manipuler plusieurs flux 8K simultanément, mais l’exportation prend en revanche davantage de temps. À plusieurs reprises, nous avons presque attendu dix minutes par minute de vidéo. Il y a donc encore de la marge de progression…
Pour comparaison, nous avons également installé Premiere Pro sur un PC puissant que vous n’avons en test. En l’occurrence, l’Acer Predator Helios 300 2021, qui embarque un Core i7-10750H à 6 coeurs (2,6 GHz), une GeForce RTX 3070 et 16 Go Ram.
Nous avons réalisé les mêmes manipulations avec les mêmes fichiers sur les deux machines. Dans le cadre du fichier 4K, le MacBook Pro est plus rapide, puisque le Predator prend 52 secondes par minute de vidéo à exporter.
En revanche, avec des fichiers 8K, la force de l’intégration de l’accélération matérielle CUDA est impressionnante. Là, où le MacBook Pro met presque dix minutes à gérer son export, le PC solde l’opération en… 68 secondes.
Preuve que CUDA a de quoi continuer à attirer les professionnels, et qu’Apple a tout intérêt à miser sur Metal, à le développer, à travailler sur l’intégration d’accélérateur matériel dans ses puces pour continuer à progresser fortement dans les générations de puces à venir.
Tournons-nous maintenant vers la musique, avec Logic Pro. Le MacBook Pro M1 de novembre dernier avait calé au bout de 101 pistes. Le M1 Max va évidemment plus loin. Il lui a fallu 175 pistes pour mettre un genou à terre. C’est très impressionnant.
D’autant que dans le cadre d’une utilisation plus réaliste, avec des réglages moins extrêmes, nous avons réussi à faire tourner un projet comptant un peu plus de 1 500 pistes, sans encombre.
Enfin, pour finir notre portrait à grands traits de ce nouveau MacBook Pro, nous nous sommes également amusé à lancer des simulations applicatives dans XCode. Le logiciel de développement d’Apple se plaît alors à faire tourner plusieurs simulations simultanément. Nous avons arrêté nos efforts à huit, plus par faute de place à l’écran que parce que le MacBook Pro souffrait, même si certaines transitions d’une fenêtre à une autre marquaient un temps.
Si ces exemples n’ont évidemment pas de valeurs universelles, leur variété prouvent en tout cas que le MacBook Pro M1 Max est un monstre de puissance, qui a de quoi tenir tête à la charge professionnelle que vous voudrez bien lui soumettre. Ce nouveau Mac se dessine comme un portable, impressionnant, et silencieux, capable d’abattre des tâches précédemment réservées à des stations de travail fixes, uniquement, et bien plus coûteuses. Les puces Apple Silicon ont encore frappé.
Évidemment, avec une telle puissance de frappe, il serait dommage que l’espace de stockage, où sont conservées les données, ne soit pas à la hauteur. Apple fait de belles promesses en la matière, également, et nos tests montrent que sans atteindre les chiffres avancés, les débits en lecture et écriture sont faramineux. Ils sont en très nette progression par rapport au modèle précédent. Ce qui est une bonne chose car ce MacBook Pro a clairement pour ambition de vous permettre d’abattre de la 4K sans y penser et de flirter lourdement avec la 8K, en prenant davantage votre temps, ou de jouer avec de gros projets de développement ou d’ensembles de données.
Avec BlackMagic Disk Speed Test, nous avons enregistré des pics stables de débits comme nous n’en avions jamais vus sur un Mac. Avec une vitesse de 5,43 Go/s en lecture et de 6,2 Go/s en écriture, on est effectivement très au-dessus des débuts enregistrés sur le MacBook Pro 2019, qui était pourtant loin d’être lent avec respectivement 2,82 et 2,83 Go/s en lecture et écriture.
Apple a ici clairement mis les bouchées doubles pour que le stockage ne soit pas un goulet d’étranglement qui ralentisse les performances de sa machine.
Si l’infographie ci-dessus ne s’affiche pas, cliquez ici.
Avec AJA, notre autre outil de test de support de stockage, nous obtenons également des débits systématiquement supérieurs à ceux de la génération précédente, et toujours très élevés. Nous n’avons jamais atteint les 7,4 Go/s annoncés. Même s’ils ont été obtenus sur une unité avec 8 To de stockage, contre 2 To pour la nôtre, et on sait que par le passé Apple a eu tendance à offrir de meilleurs débits sur les stockages les plus importants et coûteux. Peut-être est-ce encore le cas.
Quoi qu’il en soit, comme on peut le voir dans le tableau ci-dessus, les débits en écriture n’ont jamais été inférieurs à 3,7 Go/s, tandis que ceux en lecture s’inscrivaient entre 4,1 et 5,6 Go/s. Autrement dit, vous devriez avoir assez de vitesse pour vos projets.
Par ailleurs, petit passage rapide du côté du lecteur de carte SDXC, nous avons évidemment mis à l’épreuve sa vitesse de transfert avec une carte SDXC UHS-II (Class 10). Ce n’est pas ce qui se fait de mieux, mais tient déjà très honorablement la route. Nous avons réussi à transférer 48,37 Go de photos en trois minutes tout juste, et sans avoir à en passer dix minutes à chercher un dongle…
Puissant, rapide, le MacBook Pro 16 pouces l’est. Mais est-il endurant ? Au regard de nos mesures d’autonomie, oui, deux fois oui. En autonomie polyvalente, qui simule des usages quotidiens, le dernier-né des MacBook Pro grand format tient 17 h 18, c’est presque 5 h 20 de plus que le MacBook Pro 16 pouces de 2019, animé par une puce Intel – certes de 9e génération Core.
C’est également un peu mieux que le MacBook Pro M1 sorti en fin d’année dernière.
Quand on s’intéresse à l’autonomie en streaming vidéo, l’autonomie progresse également, mais de manière moins flagrante. Le modèle 16 pouces fait d’ailleurs légèrement moins bien que le modèle 13 pouces M1 de fin 2020. Il s’arrête en effet à 13 h 22, 46 minutes de moins que son petit frère. Mais tout de même 4 h 07 de mieux que le MacBook Pro 2019…
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Enfin, saluons le fait qu’Apple propose une fonction de « charge rapide » avec le chargeur proposé par défaut avec ce modèle 16 pouces. Le boîtier, un peu plus allongé que celui des générations précédentes, assure 140 W et vous permettra d’atteindre les 50% de charge en environ 30 minutes. Nous avons mesuré 53% de charge en une demi-heure, un peu plus de 80% en cinquante minutes, et 100% en 90 minutes tout juste. Il fallait respectivement 2 h 27 et 2 h 30 au MacBook Pro 16 2019 et au MacBook Pro 13 pouces M1 pour se recharger à plein. Plus autonome, plus rapide à charger. Que demander de plus ?
Le MacBook Pro 16 pouces M1 Max est bien des choses à la fois. Une refondation, pour commencer. Sans changement de design tapageur, mais une série de corrections, d’améliorations, qui montrent qu’Apple a écouté les professionnels.
Un monstre de puissance, ensuite, porté par la première puce Apple Silicon haut de gamme. Elle apporte assez de ressources pour concurrencer les Core i7 et i9 d’Intel, et flirte par moment avec les cartes graphiques haut de gamme. Même si elle ne prend pas la main face aux meilleures d’entre elles.
Une bête économe en énergie et silencieuse, également. Car si le M1 Max ne piétine pas les GPU de Nvidia, l’ensemble CPU et GPU de son SoC consomme au bas mot deux fois moins. Sans jamais se faire entendre.
Et, enfin, une machine à la belle endurance, capable d’assurer le spectacle assez longtemps. Pas sûr qu’il endurera sa charge toujours plus longtemps que le MacBook Pro M1, mais cela tient à sa position, il est là pour dégager de la puissance, évidemment, et ne pourra donc pas assurer des calculs exigeants et tenir une journée complète. Mais il tient le cap, se recharge vite et offre tout ce qu’un PC portable haut de gamme doit offrir. Mieux, il pourrait remplacer pour certains usages exigeants des stations de travail bien plus coûteuses… et moins portables.
Le MacBook Pro 16 pouces endosse avec assurance la tenue de héraut d’une nouvelle ère, où le x86 n’est plus seul, où l’informatique adopte une nouvelle approche. Une ère où Apple enfonce les portes, autant qu’il les ouvre.
Au lancement du premier iPhone, nous écrivions que nous espérions qu’Apple serait copié, tant il définissait un nouveau départ, une nouvelle approche de nos mobiles. On connaît tous la suite. Aujourd’hui, Apple récidive avec ses Mac. Espérons que la concurrence récidivera, elle aussi.
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Pierre FONTAINE
Journaliste

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