Huawei MateView : le test complet – 01net.com

Test du Raptor 27 : le premier écran gaming de Razer peine à convaincre

Appréciation générale
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Equipement
Connu de la plupart des Français pour ses smartphones, Huawei a plusieurs cordes à son arc. Le constructeur chinois, qui s’est diversifié ces dernières années avec d’excellents ordinateurs portables, écouteurs, montres connectées et tablettes, a lancé il y a quelques semaines le MateView, son premier moniteur externe haut de gamme. Sublime grâce à son format 3:2 presque sans bordures et plus moderne que la concurrence grâce à sa barre de navigation tactile et ses fonctions connectées, le MateView a rapidement attiré notre attention. Après plus de deux mois de test et de télétravail à ses côtés, l’heure de vous donner notre verdict est venue. Ne conservons pas un inutile suspens, le Huawei MateView est un immense coup de cœur.  
La perfection n’existe pas, mais Huawei n’en est vraiment pas loin. Rarement un design n’a autant fait l’unanimité dans notre entourage, à tel point que toutes les personnes à qui nous avons montré le MateView nous ont interrogés sur son origine. Dans un univers aussi peu sexy que celui du moniteur externe, Huawei réussit l’exploit de rendre un écran séduisant. L’absence de bordures fait évidemment la différence, tout comme le format très rare de l’écran de 28,2 pouces du MateView. Son ratio 3:2 l’étire en hauteur plutôt qu’en largeur, ce qui permet d’avoir un écran immense qui ne prend pas trop de place sur un bureau. Pour travailler, avec une ou deux fenêtres, on pourrait difficilement faire mieux. C’est comme avoir deux écrans externes en un.  
D’une définition 4K+ (3840 par 2560 pixels), la dalle LCD utilisée par Huawei est d’une qualité vraiment admirable. Les textures d’un texte, le design d’une icône… Tout semble sublimé sur l’écran géant du MateView, à condition que votre ordinateur supporte cette définition. Sur Mac par exemple, nous n’avons réussi qu’à faire fonctionner le 3840×2560 que sur les ordinateurs équipés d’un port USB Type-C. Les autres, plus anciens, se limitent à du 720p compressé en 16:9 en passant par de l’HDMI. Il s’agit peut-être d’un problème de câble, mais, en fonction de l’ancienneté de votre ordinateur, nous vous conseillons de bien vérifier sa compatibilité. Il serait dommage de ne pas profiter du MateView dans sa meilleure qualité.
Étrangement, plusieurs de nos proches nous ont intuitivement demandé si cet écran était signé Apple. Il faut dire que le pied du MateView est une réplique quasi parfaite de celui du Pro Display XDR de la marque californienne. Huawei s’en est clairement inspiré même si, malheureusement, il n’a pas retenu la possibilité de faire pivoter l’écran verticalement comme chez Apple, même si on peut ajuster l’écran en hauteur ou l’incliner. En revanche, le MateView gagne la bataille au niveau de la connectique. Ses ports USB-C, Mini Display Port, HDMI, USB-A et mini-jack sont d’autant plus pratiques que, relié en USB Type-C, un ordinateur portable est directement rechargé par l’écran, ce qui permet d’économiser un câble (l’écran se réveille et s’éteint aussi en même temps que l’ordinateur, toujours très rapidement). Enfin, rappelons qu’à 649 euros ou moins, le Huawei MateView s’adresse à tout le monde. On ne peut pas dire la même chose du Pro Display XDR d’Apple à plus de 6000 euros… Nous sommes plutôt contents de voir un constructeur comme Huawei offrir un bel écran au grand public. 
Huawei étant novice en la matière, nous nous attendions à ce que le MateView soit beau sans être le plus performant. Sous-estimer le constructeur chinois était une erreur : son moniteur haut de gamme est tout simplement un des meilleurs du marché selon le laboratoire de 01net.com. Au niveau de la fidélité des couleurs, il frôle la perfection avec un Delta E de 1,89 en mode DCI-P3 (en mode « native », le Delta E est de 2,13). On précise au passage que l’écran intègre un preset efficace nommé « confort des yeux » qui, à défaut d’afficher des couleurs justes, réduit considérablement la lumière bleue. On l’a souvent activé pour réduire notre fatigue oculaire. La luminosité maximale du MateView, de 461 cd/m2, est aussi extrêmement satisfaisante pour une utilisation à la maison. À 100%, l’écran de Huawei est même trop éblouissant (on l’a utilisé autour des 70% et nous n’aurions pas été contre une luminosité auto-adaptative). 
Le seul point sur lequel le constructeur chinois aurait pu faire mieux est le taux de contraste. À 600 euros, l’OLED n’est évidemment pas au rendez-vous. Il faut se contenter d’une dalle LCD. Selon nos mesures en laboratoire, le taux de contraste du MateView est de 1357:1, ce qui n’est pas vraiment extraordinaire. C’est d’autant plus embêtant que le format 3:2 n’est pas idéal pour les contenus multimédia, ce qui contraint l’écran à afficher d’épaisses bandes noires lorsque vous regardez une vidéo, par exemple. Dans le noir, on voit clairement que le noir… n’est pas noir. C’est selon nous le seul défaut du format du MateView. Vivement un modèle OLED ou mini-LED, même si les prix monteront forcément. 
Dernière précision, le MateView n’est pas conçu pour les joueurs. Son taux de rafraîchissement de 60 Hz est conçu pour un usage domestique ou professionnel, d’autant plus que le format 3:2 n’est pas vraiment adapté aux jeux. Pour les gamers, Huawei propose une version GT de son MateView avec un format différent et du 144 Hz… mais moins de fonctions.
Comme toute entreprise tech qui se respecte, Huawei se devait de tenter d’innover avec son premier écran haut de gamme. Une de ses idées consiste en l’utilisation d’une barre tactile sous l’écran pour naviguer dans l’interface du MateView, ce qui élimine les boutons généralement pénibles que l’on trouve sur les autres moniteurs externes, tout en évitant l’option télécommande. Par exemple, en effectuant un geste de gauche à droite sous l’écran, on augmente le volume. C’est pour le coup extrêmement efficace. En revanche, accéder aux réglages n’est pas forcément pratique. Il faut taper deux fois sur la barre, se déplacer en glissant vers la droite ou la gauche et taper la barre à chaque fois que l’on veut valider (deux fois pour revenir en arrière). C’est mieux que des boutons, mais pas forcément très rapide. D’autant plus que l’écran chauffe beaucoup et que la barre tactile est souvent très chaude. Est-ce pour autant rédhibitoire ? Pas vraiment. On y accède si peu souvent qu’il s’agit d’un détail. La barre tactile fonctionne quand on en a besoin, c’est ce qui compte.
Autre innovation, le Huawei MateView est un moniteur capable de recevoir des images sans aucun câble. Grâce au protocole Miracast, on peut diffuser l’image d’un PC Windows (bridé en 1080p) sans câble HDMI ou recopier l’écran de son smartphone Android sans-fil (peu importe la marque même si les terminaux Huawei sont avantagés grâce à un tag NFC sur le pied de l’écran pour faciliter le jumelage). Le résultat est convenable même si, pour une raison étrange, l’image est souvent étirée artificiellement pour correspondre au format 3:2. Il s’agit surtout d’une solution de dépannage, la connexion filaire restant la meilleure option sur le MateView.
Après plusieurs mois d’utilisation, nous sommes arrivés à la conclusion que le volet connecté du Huawei MateView n’est pas vraiment un de ses points forts. En l’absence d’un vrai système d’exploitation, il s’agit surtout d’un gadget. Il est par exemple impossible de se rendre sur YouTube ou Netflix depuis l’écran sans brancher un terminal. C’est dommage au vu de sa connectivité Wi-Fi. Nous aurions aimé un véritable OS sur le MateView, pourquoi pas HarmonyOS, pour pouvoir utiliser un vrai navigateur et des applications pilotables au clavier ou à la souris. 
Autre regret, le protocole Miracast n’est pas assez connu du grand public. Dans un monde où Huawei ne serait pas banni par les États-Unis, nous aurions adoré voir un MateView compatible avec les protocoles Google Cast et Apple AirPlay. Cela aurait permis de streamer n’importe quelle image ou vidéo depuis son Android ou son iPhone, et donc de rendre le MateView ultra pratique pour des projections occasionnelles (un ami vient à la maison et veut projeter ses photos de vacances par exemple). Encore une fois, il n’y a rien de rédhibitoire ici. On remarque juste que l’écran intelligent promis par Huawei est meilleur par son design que par ses fonctions connectées. Nous n’aurions aussi pas été contre un assistant vocal, comme Google Assistant ou Amazon Alexa. 
Autre petit défaut, le passage d’une source à une autre s’avère parfois capricieux. Souvent, le MateView se réveille sans raison alors que notre ordinateur est en veille. Au cas où vous auriez deux ordinateurs branchés en même temps, il lui arrive aussi de ne pas savoir sur lequel se rendre malgré vos réveils insistants avec le trackpad. Huawei peut sans doute améliorer tout ça avec une mise à jour logicielle.
Nous vous avons dit ce que nous avons aimé avec le Huawei MateView, terminons ce test avec ce que nous aurions aimé voir. Première chose regrettable, l’écran de Huawei n’intègre pas de webcam. C’est compréhensible au vu de la finesse de ses bordures, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit d’une occasion manquée de créer l’écran parfait pour le télétravail, surtout quand on voit la piètre qualité des webcams intégrées de certains ordinateurs portables. On espère vraiment que le MateView 2 aura une caméra frontale de haute qualité, ce qui rendrait l’écran de Huawei encore meilleur. En attendant, on va continuer de s’enthousiasmer face à ce design incroyable.
Autre chose décevante, la qualité des haut-parleurs. S’ils sont très puissants, le son qu’ils émettent est très saturé. Les haut-parleurs du MateView sont aujourd’hui cachés dans son pied, peut-être qu’il faudrait en répartir plusieurs sur toute la largeur de l’écran avec la prochaine génération, afin d’offrir un son plus spatialisé ?
Enfin, comme nous vous le disions plus haut, il y a un tag NFC sur le pied du MateView. Destiné au jumelage des smartphones Huawei, nous ne l’avons utilisé qu’une seule fois en deux mois, ce qui nous laisse penser qu’il ne mérite pas une place aussi visible sur un aussi joli appareil. Huawei, voici notre suggestion : remplacez le par un socle de recharge sans-fil quitte à rendre le pied un peu épais avec la seconde génération. Recharger son smartphone, sa montre ou ses écouteurs en les posant sous son écran, ce serait incroyable. 
Travailler sur un bon écran, ça change tout. Après deux mois avec le Huawei MateView, nous devons vous avouer que nous ne nous voyons vraiment pas revenir en arrière. Rares sont les produits que l’on sait que l’on achètera après un test, ce qui est une belle preuve de la réussite de cet écran. On peut passer des heures à travailler dessus sans jamais s’en lasser, d’autant plus que l’on est assez fier d’avoir une aussi belle machine sur son bureau. À quelques détails près (webcam intégrée, Google Cast, Apple AirPlay, etc.), le Huawei MateView est presque parfait. Bien sûr, il ne peut pas convenir à tout le monde : son format 3:2 ou son taux de rafraîchissement de 60 Hz ne plairont notamment pas aux joueurs. Toujours est-il qu’à 600 euros ou moins, on trouve difficilement mieux. En attendant de voir une marque comme Apple lancer un écran grand public, il est selon nous l’écran le plus intéressant pour celui ou celle à la recherche d’une expérience haut de gamme.
Note de la rédaction
4 /5

Appréciation générale
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Equipement
Huawei MateView
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Nicolas Lellouche
Journaliste

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